« Les sanctions ne sont pas la solution », a déclaré le président Mamady Doumbouya devant ses pairs réunis en Sierra Leone, plaçant cette critique au cœur de son intervention. Selon lui, la CEDEAO « a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours ».
La charge du président Doumbouya rejoint les critiques déjà formulées par les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger à l’égard de l’embargo de la CEDEAO, embargo qu’ils invoquent pour justifier leur départ de l’organisation et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES). La Guinée a elle aussi subi les sanctions de la CEDEAO en septembre 2021, après la prise du pouvoir par le général Mamady Doumbouya et ses hommes. Réintégré au sein de l’organisation après l’élection présidentielle, le chef de l’État guinéen n’a pas mâché ses mots.
Un appel à recentrer la CEDEAO sur l’économie
Le président guinéen a plaidé pour un retour aux « fondamentaux » qui avaient présidé, selon lui, à la création de la Communauté en 1975 : le développement économique et la libre circulation des biens et des personnes, plutôt que la logique punitive. Il a également appelé à une réforme de la gouvernance de l’organisation, plus participative, et à ne pas exclure les militaires de la vie communautaire, rappelant que dix des quinze pères fondateurs de la CEDEAO étaient eux-mêmes issus de l’armée.
Le discours de Doumbouya intervient alors que les relations entre la CEDEAO et les pays de l’AES restent marquées par la rupture consommée en 2025. À cette 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, le mandat de Lansana Kouyaté, négociateur en chef avec l’Alliance des États du Sahel (AES), a été prorogé jusqu’en Décembre 2026.
Oury Sylla pour worldmedia224.com




